D'en haut, j'entends quelques sanglots. Tes yeux doivent être enflés, ton visage inondé, et les lèvres enflammés depuis le temps.
Je reste silencieuse dans la chaleur humide d'après douche. Le miroir n'est plus qu'un support à vapeur, tableau brumeux. Mon corps à moitié nu semble étouffer.
D'en haut, j'écoute tes malheurs. C'est amusant de saisir les bribes d'une histoire, d'un néant trop personnel. C'est amusant d'entendre ta voix tiraillée par les pleurs, devenant d'un coup sourde puis aigue.
Vient ensuite l'assurance de maman. Elle pose une voix douce calmant les ardeurs. Mais la névrose monte jusqu'à moi, s'infiltre sous la porte sans un souffle. Je me sens ridicule d'être surprise ainsi. Va t'en, allez. Redescend, en coup de vent, plus vite qu'une ombre. Va t'en. Rien n'y fait, elle glisse sur les murs, glace l'humidité et le sang.
Alors mon petit corps se courbe, mon dos si maigre et buriné de formes squelettiques atteint le carrelage.
Je t'en supplie, descend. Laisse-moi encore jouir de ce mal-être. Promise, ma rédemption. Promise à plat ventre.