Piscine avant l'oral

"C'est au début de l'été. Il fait très beau. La vie semblerait facile. Petit matin dans la lenteur du café chaud, soirs grenadine à l'eau dans un jardin qui se prolonge- silence, chèvrefeuille et cigarette."

Philippe Delerm

# Posté le jeudi 07 décembre 2006 07:05

Modifié le jeudi 07 décembre 2006 11:13

X

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Je ne danse plus, tous les jours. Je ne ris plus, tous les jours.
Regarder à travers un halo de bué ne m'amuse plus. Regarder la vie filer sous la pluie ne m'excite plus. " On est mieux que bien, on n'est rien". Je suis un flot de paroles creuses, de pensés vides, un tout hagard. Je suis la métaphore du néant, rien de jovial. Un poids surdimensionné sur les épaules presse les larmes et la rancune,lacune.

# Posté le dimanche 10 décembre 2006 10:53

Modifié le lundi 11 décembre 2006 05:53

Y

Je regarde l'aurore au fond d'une bouteille vide. Le paysage se gonfle, roule, se noie dans l'alcool, est vidé dans ma gorge. Brûle, brûle.
Au loin j'entends qu'il joue, un peu de Jazz. Manouche mon amour. Je sens son ardeur, ses doigts filants sur les cordes, cette vie qui circule dans les veines, qui monte à la tête, fait battre le coeur, plus fort, plus vite. Chaque instant est une crise cardiaque. L'impression de vivre est trop pénible, sentir son corps accrocher aux pulsions de son coeur est étouffant. Je me fonds dans cette mélodie, je ne vis que d'elle à présent.
Et mes cils battent dans un dernier rayon de lune.
Y

# Posté le jeudi 14 décembre 2006 06:01

Modifié le dimanche 03 juin 2007 16:15

Everything is where it should be

Everything is where it should be
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# Posté le jeudi 21 décembre 2006 02:06

Modifié le dimanche 03 juin 2007 16:16

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D'en haut, j'entends quelques sanglots. Tes yeux doivent être enflés, ton visage inondé, et les lèvres enflammés depuis le temps.
Je reste silencieuse dans la chaleur humide d'après douche. Le miroir n'est plus qu'un support à vapeur, tableau brumeux. Mon corps à moitié nu semble étouffer.
D'en haut, j'écoute tes malheurs. C'est amusant de saisir les bribes d'une histoire, d'un néant trop personnel. C'est amusant d'entendre ta voix tiraillée par les pleurs, devenant d'un coup sourde puis aigue.
Vient ensuite l'assurance de maman. Elle pose une voix douce calmant les ardeurs. Mais la névrose monte jusqu'à moi, s'infiltre sous la porte sans un souffle. Je me sens ridicule d'être surprise ainsi. Va t'en, allez. Redescend, en coup de vent, plus vite qu'une ombre. Va t'en. Rien n'y fait, elle glisse sur les murs, glace l'humidité et le sang.
Alors mon petit corps se courbe, mon dos si maigre et buriné de formes squelettiques atteint le carrelage.
Je t'en supplie, descend. Laisse-moi encore jouir de ce mal-être. Promise, ma rédemption. Promise à plat ventre.
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# Posté le jeudi 21 décembre 2006 12:35

Modifié le jeudi 21 décembre 2006 14:48