le temps d'une pause,

...............................................je pleure. ( pour l'humanité, les drogués du dollars, ces beaux yeux, la folie, notre autodestruction, l'impulsion de la mort, au désert, à nos vies, au rien, pour le vent, à ta sale tête , le gouvernement, les vies rêvés, les fantômes des hôpitaux, à ces souvenirs, à mes espoirs, pour vous, pour toutes ces maisons vides, à ce qui nous sépare, au tout, pour moi, à l'éphémère, au vide, néant, aux pauvres connes/ cons/ ... Etc )
le temps d'une pause,

# Posté le mardi 07 novembre 2006 12:22

Modifié le mardi 07 novembre 2006 12:34

I was in the Sky,

I was in the Sky,

# Posté le jeudi 09 novembre 2006 06:57

Modifié le dimanche 03 juin 2007 16:16

Fake sky ?

Fake sky ?
........................................*

# Posté le samedi 11 novembre 2006 08:26

Et comme tu m'as manqué, je te regarde passer

Et comme tu m'as manqué, je te regarde passer
J' regarde toujours la vie filer entre mes doigts. J'oublie de les refermer sur le vide. J'pense plus à ici, tellement ça me gonfle.
@+

Tatti disait qu'il y avait un clown en chacun de nous.(merci de l'avoir réveiller ce soir !)

# Posté le mardi 14 novembre 2006 07:28

Modifié le mercredi 15 novembre 2006 10:39

How About Telling a Story

How About Telling a Story
Je sens la fermeture éclaire d'un pull trop large sur mes seins. Un filet d'eau glacé s'enroule sur mes chevilles. Les corbeaux jacassent, non loin de moi. Peut-être est-ce l'un d'eux qui me déchiquettent le bras. Mes mains sont bleues, je gèle. Le réflexe de dilater les narines à la recherche de petite neige. Pas un sachet. Personne.
Je suis abandonnée à mon putain de sort, je suis abandonnée, le long du fossé boueux, à peine couverte. Mon corps trop pâle. Ne plus savoir pleurer, s'oublier, se laisser crever.
Crever.
Le paysage qui s'enfuit crache du noir, je me sens partir dans cet état de nécrose.

Éclair blanchâtre.

Je souris bêtement à notre complicité. Il incline légèrement la tête, je me lance. La première note est la plus ridicule. Sortie de nulle part, toujours un peu fausse, timide ou téméraire. Mon coeur flanche de sentir toutes les notes qui vont la suivre. Elles coulent sous mes phalanges, courent le long du manche. Chaque corde cognée de délicatesse devient un poème. Tout le corps prend forme de mélodie, je ne respire plus, je ne pense plus. Il y a comme un air mystique dans cet instant. C'est mieux que le vent. Et j'ai peur de la fin, pas de fin. Comme mourir au début de l'automne, plein d'espoir avant l'hiver. Puis le silence s'installe progressivement. Je souris bêtement à notre complicité. Il incline légèrement la tête, disant que je le tuerais avec ma musique. Je ris, tellement j'aime sentir l'impuissance qui nous prend, tellement nous sommes vides de sens à la fin de cette mélodie. Je lui répète que la semaine suivante sera bien pire, qu'il se repose.
Et toujours ce besoin de crier en silence dans le noir, le long des arbres défroqués. L'air est frais, humide, je ferme les yeux, comprenant que je vis mes premières extases musicales. Le premier lampadaire atteint, tout se dissipait, comme pour préserver ce bonheur unique, et trop fragile.

Je me redresse violement, mon corps presque brisé en deux. Instinctivement, je pleure, je chiale, mais rien ne coule. Pas même une larme n'atteint le creux de mes lèvres. Mon corps réagit aux souvenirs. Je devais connaître le plaisir, avant.
Ma poitrine subit des convulsions de rage. C'était quoi cette rangée d'arbres, c'était quoi ce bonheur, cette jouissance atroce ?
Les corbeaux m'observent comme une proie au sang juteux. Je crie, atrocement, je suis névrosée, narines dilatées.
Le paysage qui s'enfuit crache du noir, je me sens partir dans cet état de folie.

Une main se pose sur mes hanches. Serait-ce un prince ? Tout est si doux. Sous mes paupières lourdes, j'aperçois ces grosses godasses, enfoncées dans la boue. Il entraîne mon corps dans son dos, il éclate ma peau contre le béton. L'odeur du sang, le bruit d'un déchirement atroce.

"Je vous emmène où ? En ville ? Mademoiselle ? ... Putain... Y a quelqu'un ? S'il vous plaît ? Quelqu'un a appelé un taxi ? "
" Ouai le bronzé. La jeune fille veut rentrer chez elle."
" Elle n'est pas en état, elle a trop bu ? Je la dépose à l'hôpital."
Regards froid.
"Une adresse ? Partez pas, s'il vous plaît, ohé ! partez pas, Monsieur !... hé Merde.."
Panique.

Éclaire blanc.

Il est pâle, l'homme de ma vie. Ces cheveux si fin glissent au moindre mouvement. Ces mains s'enfuient dans les manches des pulls. Il aime sentir le vent sur sa peau, la mer et le cri des mouettes. Quand il allume sa cigarette, ces pensés divaguent, en fumée, jusqu'aux miennes. Il ne fait que trois tour de cuillère pour mélanger son café. Sentir son propre souffle sur sa peau l'empêche de dormir. Il déteste l'idée d'être enfermé dans son propre corps. Il est pâle l'homme de ma vie.

On me porte sur le siège arrière d'un taxi noir. Je m'agite sous le choc de ma vie. Mes yeux se déchirent à la première larme. C'était qui ce garçon ? Je l'ai aimé ? la deuxième larme est encore plus atroce. L'amour ? Me serais-je égarée dans l'ascension du plaisir ? échouée, ma vie est échouée. J'ai quitté la musique. Devenait-elle trop intime ? L'oeuvre de l'éphémère s'est brisée à ma première dose. J'étais douée pour le bonheur, j'en suis persuadée.
Mon corps est trop lourd. Le plomb m'habite, je coule en moi-même. Je perds les pieds, encore une fois. J'ai tout perdu, le sens que je donnais à la vie s'est jeté d'une falaise.
Maintenant, ma tête écorchée s'appuie contre la porte. Ce taxi ne pourra faire demi-tour, la route devient étroite, il n'y a plus d'issues possibles.
Tout à coup, la porte s'entrouvre, le vent glacial, ma chute brutale. Sous la surprise, j'ouvre les yeux. Le temps d'apercevoir ce poteau métallique, la route filée par-dessous, sentir mon crâne percuter la mort, paresseusement, comme la plongée dans un pot de miel.
Au loin la voiture s'arrête, à peine consciente de ma délivrance.

# Posté le jeudi 23 novembre 2006 06:15

Modifié le dimanche 03 juin 2007 16:15