Au début, nous avancions dans l'incertain, ambiguïté.

Au début, nous avancions dans l'incertain, ambiguïté.
Sous le pont qui tremble, les trains défilent lentement. De petits hommes jaunes font de grands gestes dans les airs, font signes au rien de l'aurore. Le ciel reste gris. Quelques voitures éclaboussent les trottoirs de leur pleins phares. De l'autre côté de la route, le tram glisse entre les pylônes électriques. Un homme transporte vainement sa maison dans un sachet froissé par le vent. Le regret de ne pas entendre le déclic de l'appareil, la bobine s'enrouler, visage noir et blanc. Je reste étourdie par la nuit, qui s'en va, indéfiniment. Les rêves oubliés apparaissent sur la partie sensible de ma pellicule. Je cherche un coin égaré pour les trouver. Quelques gouttes froides s'écrasent dans mes cils, les yeux rougis.
Finalement, il manque la chaleur à ce monde. Qu'aucun feu ne pourrait guérir. Au fond de nos nuits, au fond de nous-mêmes, on le sens ce vide-là.
Que tremblent les ponts et leurs hommes, saluant le ciel toujours vierge.

# Posté le jeudi 19 octobre 2006 12:33

L'instantané garde nos vies dans l'étreinte des souvenirs.

L'instantané garde nos vies dans l'étreinte des souvenirs.
J'aurais dû verser quelques larmes avec tous mes regrets, mais les enfants couraient autour de moi. Il y avait dans leur sourire l'espoir futile des ignorants.
Je me laissais transir par le froid, guettant la voiture, m'enfonçant dans les rumeurs passées. La pluie s'abattait sur les vies.
Et j'ai senti ta présence derrière moi, une présence qui se glisse doucement sans bousculer la vie. Ton corps fragile, le regard délavé, tes longues mains fines. Chaque seconde profitait pour saisir l'instant à jamais. On gardait les yeux plissés par le vent, plaqués dans la pluie, le silence perturbant. Le temps s'arrêtait, reprenait, tout passait, dégoulinant d'éphémère. J'ai espéré te parler, dans l'espoir de te savoir vivant.
Et la voiture arriva du néant, avec l'appel de sa lumière. Je n'ai pas hésité à la rejoindre, comme pour fuir ce qui devait arriver. En ouvrant la porte, j'observais toujours ta silhouette courbée dans le vent, tes tennis rouges et ta peau blanche. La vie te collait si bien à la peau.
Gamine avait trouvé l'idéal, comme rassasié d'espoir.
Les essuie-glaces volaient de droite à gauche, mais aucuns n'effaçaient ton visage. Je fis la promesse de ne jamais t'oublier, de m'attacher à ton souvenir comme à ces étoiles et ces vagues. Je fis la promesse de trouver la vie trop fade loin de toi.

21/10. Amer. Nos regards de caresse, ivresse. Désirer le tout dans ton rien.
23/10. La vie est fade, ton visage dans les nuages.

# Posté le mercredi 25 octobre 2006 09:35

Modifié le dimanche 03 juin 2007 16:16

à plus tard, crocodile

à plus tard, crocodile
On avalera les lignes blanches séparant l'est du nord. J'afficherais un pseudo-sourire pour vous faire croire. J'aurais ton visage comme fantôme. Les yeux collés dans l'infini du ciel. Et les vagues attendront sur le sable dur.

4/10.Hésite à secouer ces convers, devenues le Sahara des souvenirs. N'oublie rien du dernier couché de soleil, ces ricochets dans les vagues. (N'oublie rien à ton visage )

# Posté le vendredi 27 octobre 2006 15:00

Modifié le dimanche 05 novembre 2006 09:50

( j't'oublie plus, terriblement )

( j't'oublie plus, terriblement )
Y a rien à dire. C'est étrange à écrire. Le fait est. Les savants ont tout gagné.
L'hiver nous glace déjà. L'été est mort, encore une fois.
Y a rien à dire, la nuit tombe n'importe où, sauf dans ton souvenir.
La bobine s'enroule pour une histoire. ( Des méandres au creux de reins.)
Y a rien à dire, on s'habituera à tomber, à l'amer puis aux baisers froids.
On cherche le coin de calme pour comprendre les fureurs.
Y a rien à dire, la vie s'écoule sans raison, tu gèles, puis eux.
Clic, déclic, clac, des Claques.
( On s'y fera, de tout cela)
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# Posté le lundi 06 novembre 2006 15:23