Sous le pont qui tremble, les trains défilent lentement. De petits hommes jaunes font de grands gestes dans les airs, font signes au rien de l'aurore. Le ciel reste gris. Quelques voitures éclaboussent les trottoirs de leur pleins phares. De l'autre côté de la route, le tram glisse entre les pylônes électriques. Un homme transporte vainement sa maison dans un sachet froissé par le vent. Le regret de ne pas entendre le déclic de l'appareil, la bobine s'enrouler, visage noir et blanc. Je reste étourdie par la nuit, qui s'en va, indéfiniment. Les rêves oubliés apparaissent sur la partie sensible de ma pellicule. Je cherche un coin égaré pour les trouver. Quelques gouttes froides s'écrasent dans mes cils, les yeux rougis.
Finalement, il manque la chaleur à ce monde. Qu'aucun feu ne pourrait guérir. Au fond de nos nuits, au fond de nous-mêmes, on le sens ce vide-là.
Que tremblent les ponts et leurs hommes, saluant le ciel toujours vierge.
Finalement, il manque la chaleur à ce monde. Qu'aucun feu ne pourrait guérir. Au fond de nos nuits, au fond de nous-mêmes, on le sens ce vide-là.
Que tremblent les ponts et leurs hommes, saluant le ciel toujours vierge.

