*
Les semelles battent le goudron. Les yeux battent le ciel. La cadence ralentie. La langue siffle, le taxi tape la pose. Il est noir, comme je le voulais. Je rentre, l'odeur du cuir éclate les narines. " Vous allez où ?".
Je referme, courant d'air. À l'extérieur, les visages s'entassent, la foule est opaque. Bientôt elle m'arrachera de là, triturera mes cheveux et me racontant la vie, la belle. Les mains crochues se refermeront sur moi, et puis j'irais voter pour les squatteurs à l'Elysée.
" Vous allez où ?". Je retourne la tête. " À la mer". Evidence.
Je passe par-dessus le siège, m'assied à la place du mort. Je regarde l'interlocuteur, tout en collant mon oreille à sa radio. ( Ça grésille comme la vie).
La voiture démarre, je compte mon blé, mange de la réglisse, lui passe un bout pour la sympathie. Déjà la route n'en finit plus d'avancer. Je me dis sans cesse que c'est le seul souvenir qu'il me reste d'elle, la seule odeur qui me fera revivre. Le seul rêve qui devrait être réalité. Et puis une larme coule paisiblement dans mes fossettes.
" J'en ai vu d'autre, vous savez"
" Moi je ne l'ai jamais vu. Elle existe vraiment ?"
" La mer ?"
Hochement de tête.
Mes yeux clignent, doucement, je m'endors comme dans les films.
Je sens sa main sur mes joues. Plus tard l'odeur de la route mouillée, celle du blé, l'inconnu.
Le bras me fait mal quand il essaye de me réveiller. J'ai peur, alors je pris pour que la mer existe. Je crispe mon corps pour me sentir en vie. Je souri quand il me parle.
"Y a comme un visage dans les vagues, y a comme un souvenir qui surgit. Le vent est frais, les enfants mettent des écharpes. Ils ne s'approchent jamais des falaises. Je t'ai déjà parlé des falaises ?".
Je suis déconnecté, j'appartiens à rien, je me détache de la terre, je sens sous mes pieds un vide. Arrêtes la voiture, tu veux. Arrêtes là qu'on fume ces souvenirs de princesse. Ecoutes moi un peu, ne me souris pas comme ça, arrêtes la voiture. Je vais mal, tu ne sais pas qu'il y a un contre-sens dans mes veines ?
" Les falaises, c'est un poème, je ne te le raconte pas. Tu verras là-bas".
Je t'entends plus. Roules, roules. Ne parle pas. Roule. Mets cette chanson, je suis sûre que tu pourrais la capter sur les ondes. Ça ferait "trancher la carotide des souvenirs torrides, ... des yeux candides... le temps ronge l'amour comme l'acide". Comprends- moi, je voulais simplement voir la mer. Tu m'écoutes ? Allez ...
" Mais ça fait surtout peur, ce précipice. On pense tous que c'est la plus belle mort."
J'ai mal au crâne, je fais plus semblant, je peux plus ouvrir les paupières. ça grésille vraiment la radio.
" Et le sable, c'est dingue. Commence à retirer tes baskets, on arrive."
Je suis où ? Qui es-tu, là à me parler. J'ai pas de sang, c'est transparent.
" Je me rapproche avec la voiture. Regardes, elle est là".
C'est quoi ce bordel. Et c'est quoi cette étendue bleue ? Les yeux qui roulent. Tu me soulèves le crâne. J'hallucine un visage. T'es belle.
Vertige.
" le temps ronge l'amour comme l'acide".
Devenant Infini.
Maman ?
Les semelles battent le goudron. Les yeux battent le ciel. La cadence ralentie. La langue siffle, le taxi tape la pose. Il est noir, comme je le voulais. Je rentre, l'odeur du cuir éclate les narines. " Vous allez où ?".
Je referme, courant d'air. À l'extérieur, les visages s'entassent, la foule est opaque. Bientôt elle m'arrachera de là, triturera mes cheveux et me racontant la vie, la belle. Les mains crochues se refermeront sur moi, et puis j'irais voter pour les squatteurs à l'Elysée.
" Vous allez où ?". Je retourne la tête. " À la mer". Evidence.
Je passe par-dessus le siège, m'assied à la place du mort. Je regarde l'interlocuteur, tout en collant mon oreille à sa radio. ( Ça grésille comme la vie).
La voiture démarre, je compte mon blé, mange de la réglisse, lui passe un bout pour la sympathie. Déjà la route n'en finit plus d'avancer. Je me dis sans cesse que c'est le seul souvenir qu'il me reste d'elle, la seule odeur qui me fera revivre. Le seul rêve qui devrait être réalité. Et puis une larme coule paisiblement dans mes fossettes.
" J'en ai vu d'autre, vous savez"
" Moi je ne l'ai jamais vu. Elle existe vraiment ?"
" La mer ?"
Hochement de tête.
Mes yeux clignent, doucement, je m'endors comme dans les films.
Je sens sa main sur mes joues. Plus tard l'odeur de la route mouillée, celle du blé, l'inconnu.
Le bras me fait mal quand il essaye de me réveiller. J'ai peur, alors je pris pour que la mer existe. Je crispe mon corps pour me sentir en vie. Je souri quand il me parle.
"Y a comme un visage dans les vagues, y a comme un souvenir qui surgit. Le vent est frais, les enfants mettent des écharpes. Ils ne s'approchent jamais des falaises. Je t'ai déjà parlé des falaises ?".
Je suis déconnecté, j'appartiens à rien, je me détache de la terre, je sens sous mes pieds un vide. Arrêtes la voiture, tu veux. Arrêtes là qu'on fume ces souvenirs de princesse. Ecoutes moi un peu, ne me souris pas comme ça, arrêtes la voiture. Je vais mal, tu ne sais pas qu'il y a un contre-sens dans mes veines ?
" Les falaises, c'est un poème, je ne te le raconte pas. Tu verras là-bas".
Je t'entends plus. Roules, roules. Ne parle pas. Roule. Mets cette chanson, je suis sûre que tu pourrais la capter sur les ondes. Ça ferait "trancher la carotide des souvenirs torrides, ... des yeux candides... le temps ronge l'amour comme l'acide". Comprends- moi, je voulais simplement voir la mer. Tu m'écoutes ? Allez ...
" Mais ça fait surtout peur, ce précipice. On pense tous que c'est la plus belle mort."
J'ai mal au crâne, je fais plus semblant, je peux plus ouvrir les paupières. ça grésille vraiment la radio.
" Et le sable, c'est dingue. Commence à retirer tes baskets, on arrive."
Je suis où ? Qui es-tu, là à me parler. J'ai pas de sang, c'est transparent.
" Je me rapproche avec la voiture. Regardes, elle est là".
C'est quoi ce bordel. Et c'est quoi cette étendue bleue ? Les yeux qui roulent. Tu me soulèves le crâne. J'hallucine un visage. T'es belle.
Vertige.
" le temps ronge l'amour comme l'acide".
Devenant Infini.
Maman ?



