T'as les yeux vert comme le dollar. Les dents noires comme la réglisse. Ta démarche (hallucinante) trimbalant cette carcasse. Petit blouson noir, cheveux noirs, chemin noir. Il est minuit, mon cher ami. Sens-tu la brise des amoureux ? Il est minuit, mon cher ami. Sens-tu mon coeur, battre à tout rompre ? Le destin enfonce ces pieds dans la maigre couche de boue. La pluie enfonce ces maigres gouttes dans mes longs cheveux. Ton regard comme du miel trop liquide, celui qu'on lance par-dessus une épaule. Oui, celui qu'on lance à ceux qu'on ne reverra jamais. Je t'attraperais bien le bras, le cuir qui crisse et la gêne dans le noir. Verrais-tu nos sourires ? Et qui ne tente rien, n'a plus (d'espoir). C'est humide, c'est froid, c'est gris, ton regard. C'est impressionnant un corps d'étranger. Encore plus celui du couteau sous la main, la froideur d'une lame. Peut-être plus l'étouffement de la nuit. Oui, bien plus froid, humide et gris, le déchirement du ventre. Le cuir qui crisse, la gêne dans le noir.
Tu aurais peut-être vu nos sourires ? ( Avant le sang.)
Tu aurais peut-être vu nos sourires ? ( Avant le sang.)


